Jeanne Calment, doyenne de l’humanité connue pour avoir vécu jusqu’à 122 ans, serait-elle vraiment celle que l’on pensait ? Des chercheurs russes ont jeté le trouble sur ce record de longévité et avancent que la dame en question pourrait être Yvonne Calment, sa fille, qui aurait volé l’identité de sa mère en 1934 afin de ne pas payer les frais de succession.

Voilà une théorie qui crée un sacré remous ! Et pour cause, elle remet en question un record de longévité qui faisait la fierté de la France. Officiellement, Jeanne Calment est décédée le 4 août 1997 à l’âge de 122 ans et 164 jours. Cependant, des chercheurs russes ont alerté sur le fait que la véritable Jeanne Calment serait en fait décédée en 1934. Ainsi, des scientifiques demandent aujourd’hui à ce que son corps soit exhumé afin de pratiquer des tests ADN sur la dépouille.

À l’origine de la polémique se trouve un certain Yuri Deigin, directeur général d’une entreprise russe qui lutte contre le vieillissement et aussi grand passionné de généalogie. Dans une tribune publiée sur le blog Medium, qu’il intitule « J’accuse ! Pourquoi le record de longévité de Jeanne Calment pourrait être faux », il s’appuie sur les travaux de Nikolai Zak et Valeri Novosselov, des chercheurs russes qui avancent que la Jeanne Calment que tout le monde a admiré pour son record de longévité serait en fait sa fille, Yvonne.

AFP

Mais qui est-elle ? Officiellement, Yvonne Calment serait décédée en 1934 mais selon leur théorie, c’est bien Jeanne Calment qui est morte cette année-là et Yvonne, alors âgée de 23 ans, aurait pris l’identité de sa mère afin de ne pas payer les frais de succession.

La théorie russe prend alors plus de poids puisqu’ils ont développé 17 arguments pour appuyer leur propos. Notamment, nombreuses sont les personnes qui ont affirmé que Jeanne faisait plus jeune que son âge. Également, l’acte de décès d’Yvonne en 1934 a été ratifié par une seule personne sans diplôme médical ce qui pourrait laisser supposer à un complice.

À gauche, une photo de Jeanne Calment jeune et à droite, une photo d'Yvonne Calment jeune. Medium @yurideigin

Par ailleurs, certains récits de Jeanne Calment ne colleraient pas avec la réalité de l’époque comme celle avec sa rencontre avec le peintre Vincent Van Gogh en 1888 (elle avait alors 13 ans), dans le commerce familial à Arles. Enfin, l’auteur de la tribune expose également des photos de Jeanne et d’Yvonne Calment, afin de montrer les différences et ressemblances physiques au niveau du visage. En effet, selon lui, la Jeanne Calment vieille ressemble plus à la jeune Yvonne Calment qu’à la jeune Jeanne Calment.

Forcément, les zones d’ombres sont pléthores dans cette affaire et le doute est désormais permis. À tel point qu’une demande d’exhumation du corps a été lancée pour vérifier réellement qui se cache dans la tombe de Jeanne Calment.

La jeune Yvonne Calment à gauche, et la vieille Jeanne Calment à droite. Medium @yurideigin

De son côté, Le Parisien rappelle qu’un commissaire contrôleur au ministère des Finances au début des années 90 avait déjà partagé ses doutes lors de la mise en place du dossier : « L’assurance nous a fait part de ses doutes sur la véracité de l’histoire de Jeanne Calment. Mais dans mes souvenirs, elle n’avait monté un énorme dossier la concernant » admet-il avant d’ajouter que : « Disons qu’on a vu passer le dossier et qu’on a fermé les yeux. Je n’ai pas le souvenir d’ordre particulier, mais ni nous, ni l’assurance n’avons donné suite à cette histoire. Elle a donc continué de payer sans faire d’histoire ».

Si certains pensent que la théorie russe est fondée et que l’exhumation du corps sera indispensable, d’autres refusent d’y croire comme Jean-Marie Robine, chercheur à l’origine de la validation de l’âge de Jeanne Calment : « Je garde la conviction que la personne que j’ai vue est bien Jeanne Calment qui était née en 1875. J’ai une certaine expérience des centenaires, j’en ai rencontré des centaines. Ce sont des gens un peu différents des autres qui vieillissent plus lentement. À 70 ans, ils en paraissent 40 » soutient-il.

Ce qu’il veut mettre en évidence surtout, c’est qu’à l’époque de la validation de l’âge, ils sont travaillé sans relâches pour ne commettre aucune erreur : « On a mis les petits plats dans les grands pour travailler sur elle à l’époque. On n’a jamais fait autant pour prouver l’âge d’une personne. On n’a jamais rien trouvé qui nous permettait d’émettre le moindre soupçon sur son âge. On a eu accès à des informations qu’elle seule pouvait connaître, comme le nom de ses professeurs de mathématiques ou de bonnes passées par l’immeuble. Soit elle ne se souvenait plus, soit elle a répondu juste. Sa fille n’aurait pas pu savoir ça ».

De plus, il s’appuie aussi sur le contexte historique de l’époque, dans l’entre-deux-guerres. Les Calment étaient des notables d’Arles, fréquentant la haute société de la ville : « Vous imaginez le nombre de personnes qui auraient menti? Du jour au lendemain, Fernand Calment aurait fait passer sa fille pour son épouse et tout le monde aurait gardé le silence ? C’est abracadabrantesque ! » s’insurge-t-il.

Il n’empêche qu’aujourd’hui, l’identité de la véritable Jeanne Calment fait plus que jamais débat et qu’une exhumation pour connaître la vérité ne serait pas de trop pour clore l’affaire.

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