En France, 840 ponts présentent des dégradations à risque. Il faut près de 22 ans pour qu’un pont soit réparé après l’apparition des premiers dommages, selon un rapport dévoilé en mai dernier.

Image d'illustration viaduc de Millau. Crédits : Shutterstock/PHB.cz (Richard Semik)

Après l’effondrement du viaduc de Gênes, où au moins 39 personnes, dont quatre Français, ont perdu la vie, un rapport d’audit commandé en mai dernier par le gouvernement faisant état du réseau routier français, relance les interrogations sur la bonne « forme » de nos ponts.

Hier sur Franceinfo, Élisabeth Borne, la ministre française des Transports, a exprimé son inquiétude vis-à-vis de l’état des routes françaises. Elle a rappelé « l’importance » de la surveillance des routes, ponts et tunnels, tout en expliquant qu’elle travaillait sur un projet de loi de programmation des infrastructures pour la rentrée.

Selon le rapport publié, le réseau routier dans l’hexagone est qualifié de « vieillissant et de dégradé ». Dans la synthèse de cette étude, accessible depuis juillet, on apprend que 30 % des 12 000 ponts que compte le pays comportent des dégradations et 7 %, soit 840 ponts, comportent des risques d’effondrement à terme.

La ministre se veut pourtant rassurante et a confirmé que « tous les ponts font l’objet de visites annuelles et de visites plus détaillées tous les trois ans, qu’ils soient sur réseau concédé ou non concédé ».

Un plan de sauvegarde des routes nationales

En mai dernier, devant le Sénat, Élisabeth Borne avait annoncé la mise en place d’un « plan de sauvegarde des routes nationales » à la suite du rapport mettant en lumière le mauvais état du réseau routier.

« 50 % des surfaces de chaussées sont à renouveler, alors que près d’un pont sur dix est en très mauvais état », avait-elle déclaré aux sénateurs.

En 2016, 17 % des routes nationales étaient endommagées et leur état s’aggrave un peu plus chaque année. En effet, si rien n'est fait d'ici 2037, près de 62 % des chaussées seront « très dégradées », affirme le rapport. Ces dégradations se sont accélérées à cause des hivers rudes et des fortes intempéries qui détruisent les structures de la chaussée.

Le plan de la ministre devrait atteindre un milliard d’euros de budget pour 2019, contre 800 millions en 2018. Pourtant, ce chiffre est toujours en dessous de l’estimation du rapport d’audit qui évalue le coût de l'entretien du réseau à 1,3 milliard d'euros.

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